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Comment mangera-t-on en ville demain ? Voilà la question qui anime au quotidien Stéphane Crozat, ethnobotaniste et directeur du Centre de Ressources de Botanique Appliquée de Lyon (CRBA). Voici les bons plans d’un passionné de plantes…

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Stéphane Crozat

Directeur du CRBA

Peux-tu te présenter en 2 lignes ?

Stéphane Crozat, 50 ans, ethnobotaniste et directeur du Centre de Ressources de Botanique Appliquée, le CRBA. Je suis un passionné de plantes et d’histoire.

Quel est ton projet en ce moment ?

Je prépare une expédition botanique, soit au Daghestan, soit en Arménie pour aller chercher des semences de légumes et de céréales qui s’adapteront au climat de la métropole de Lyon demain. A la Ferme Melchior, nous testons des variétés du monde entier pour les adapter au climat lyonnais en vue du réchauffement climatique. Il s’agit de trouver de nouvelles ressources. En septembre 2019, au Daguestan, nous avons ramené des variétés de melon et de pastèques qui poussent par 50 degrés, ce que nous n’avons pas en France et dont nous aurons sans doute besoin un jour.

Qu’est-ce qui te fait lever le matin ?

C’est la recherche, apprendre, chercher, trouver, comprendre. Et cela dans tous les domaines, en botanique, mais aussi en architecture, en archéologie…

Ton livre de chevet ?

L’homme et les plantes cultivées, de André-Georges Haudricourt et Louis Hédin. C’est un vieux livre des années 1940 mais qui pose les bases de l’ethnobotanique, de la relation des hommes avec les plantes. C’est ma passion.

Dans ton secteur d’activité, quel est selon toi le partenaire indispensable sur la Métropole ?

La Métropole de Lyon elle-même ! Le CRBA et le projet de la Ferme Melchior n’auraient pas été possibles sans le soutien financier et politique de la Métropole. Je travaille avec d’autres régions et métropoles, et je peux dire que peu d’institution ont une telle vision de l’avenir de notre environnement et de notre alimentation. Lyon a une vraie singularité sur ces questions.

Tes meilleurs plans pour réseauter ?

A notre échelle, ce sont les gens de terrain, les agriculteurs, les maraichers, les enseignants, qui travaillent sur les enjeux de l’alimentation de demain. Le partage d’informations avec eux est essentiel car on n’est pas sûr qu’on pourra se nourrir correctement demain dans nos pays occidentaux.

Un projet ou un talent local à suivre dans les prochaines années ?

Parmi mes bonnes fées, il y a le chef Alain Alexanian, qui est très en pointe sur la cuisine des plantes, avec qui j’ai le projet de partir en Arménie. Nous avons beaucoup de valeurs en commun.

L'univers du CRBA

Comment te déplaces-tu dans la Métropole ?

Je viens en voiture depuis la Chartreuse, puis j’utilise le tramway et le métro pour me déplacer à Lyon.

Plutôt Ground Zero, Épicerie Moderne ou Transbordeur ?

Epicerie Moderne, pour son concept.

Ton spot préféré sur la Métropole pour prendre des photos ?

La voie rapide, j’aime les véhicules en mouvement sur les axes rapides. Évidemment je ne suis pas “collé” aux tronçons, bien trop dangereux et imprudents. Je me positionne à plusieurs centaines de mètres, et là… le spectacle est saisissant. Pour les artistes urbains comme moi, c’est comme une ode composée, qui se récite sous nos yeux.

Gastronomie ou bistronomie?

Bistronomie même si c’est difficile de choisir. J’aime la cuisine lyonnaise mais aussi internationale, asiatique notamment ou russe. Des cuisines inspirées de produits bruts et traditionnels, peu transformés.

Run, marche, vélo… : quel est ton lieu de pratique préféré ?

Pour moi c’est la Charteuse, où je vis, sur le balcon sud. Un endroit magnifique pour les balades.

Pour consommer responsable, quels sont tes tips ?

Dans mon quotidien, je privilégie les marchés de producteurs ou les épiceries nouvelles qui travaillent sur les circuits courts. La production locale est essentielle à mes yeux.

« Je prépare une expédition botanique, soit au Daghestan, soit en Arménie pour aller chercher des semences de légumes et de céréales qui s’adapteront demain au climat de la Métropole de Lyon. »

Une association que tu aimerais mettre en avant :

Arthropologia, une association de naturalistes basée à la Tour de Salvagny. Ils montrent de manière très pédagogique le monde des insectes et du vivant à tout le monde, aux citadins, comme aux agriculteurs, et nous font comprendre que l’homme n’est que le maillon d’une chaine dans son environnement.

Un artisan à nous faire connaître ?

La Ferme de Charly, c’est un magasin de producteurs mais ce sont des artisans qui fabriquent du pain, du fromage. Ils établissent une vraie relation entre le terroir, les produits, et les gens.

Sur ton territoire, peux-tu citer un lieu incontournable.

Le musée des Confluences pour son histoire, son ouverture sur le monde d’aujourd’hui. C’est un véritable carrefour des sciences. Ils font un travail de relations entre les hommes et entre les hommes et la nature qui est essentiel.

Sur ton territoire, peux-tu nous citer un rendez-vous incontournable?

J’aime bien les grands festivals comme Nuits Sonores, ces événements qui rassemblent les gens.

Une bonne pratique de coopération repérée en France ou dans le monde et que vous aimeriez mettre en pratique chez nous ?

J’aimerais qu’on introduise le concept des grandes forêts urbaines comme on peut en voir en Allemagne ou dans les pays nordiques. Il s’agit de planter des forêts en pleine ville pour faire baisser la température, développer la bio diversité, et créer des grands lieux de détente et de repos pour les habitants.

Avec quel territoire selon toi la Métropole pourrait coopérer, en France ou dans le monde ? Sur quel sujet ?

En 2015, à l’exposition universelle de Milan, la Ville de Lyon a signé une convention pour s’engager à mieux nourrir son territoire. Il faut aujourd’hui aller plus loin en créant un réseau de métropoles internationales sur ce sujet. Cela permettra de voir ce qui se fait dans d’autres grandes villes. En Espagne, en Grèce ou en Italie, il existe de nombreuses initiatives pour reconnecter la production alimentaire locale avec les habitants.

Pour en savoir plus sur le CRBA, consulter leur site web, leur compte Facebook et Instagram